Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La prochaine réunion :

Livres-tout-autour-de-la-terre.png

   

Le : Jeudi 3 avril à 18h

  Lieu : nous contacter par courriel


lire.echanger [at] gmail.com

 

Thème : Jacques Chessex


 

Les réunions sont ouvertes à tous


Recherche

11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 10:56

 

 

 

La lecture de Soie, petit conte d’Alessandro Baricco m’a mise en joie. La narration est conduite sur un mode rythmé (Allegro en France et presto pendant les voyages qui reviennent en refrain). J’ai eu l’impression de replonger dans les jeux de piste de mes jeunes années.

 

Ici, le meneur porte un nom étrange, Baldabiou que j’ai « transloqué » en « Diou là bas… Dieu là bas » quand j’ai pu faire « ma » synthèse des indices à traiter. Le tonique Baldabiou va prendre les choses en main , à Lavilledieu –Dieu ici-, en Languedoc. En effet, les filatures à soie font la richesse de cette bourgade vivaraise mais risquent de péricliter en raison de l’épidémie de pébrine qui frappe la production européenne des vers à soie. On n’en trouve plus. Qu’à cela ne tienne. Baldabiou sait où aller : au Japon !

 

Comment connaît-il aussi bien le Japon ? J’imagine qu’il était, autrefois, colporteur entre ce pays et la France, métier lui ayant ouvert le commerce de tissus et les bras de la japonaise, Dame Blanche, pratiquant, à Nîmes, le sexe tarifé avec son équipe de jeunes filles. Baldabiou a depuis une dévotion particulière pour la jeune Sainte Agnès, patronne des filles, de la chasteté et des couples…

 

Et qui choisit-il pour ce périple assez risqué dans les années 1860 ? Hervé Joncour, né le 4 septembre… Signe astrologique correspondant : la vierge. Sage ou folle !

 

Il est plutôt sage, au début, et même assez professionnel avec son hôte, Hara Kei qui, lors du premier voyage lui avait vendu des œufs de poisson que lui-même avait payés avec de l’or faux… Son intelligence plaît au Japonais qui consent à la négociation difficile. Hervé Joncour revient à Lavilledieu avec les œufs.

 

Trois autres voyages France-Japon suivront. Quatre voyages en tout donc, selon le rythme initiatique. Ils déboucheront sur la métamorphose (comme celle du vers à soie) d’Hervé Joncour et de son éveil à la volupté grâce à la protégée silencieuse de Hara Kei. Elle est très inspirée par le Français parce que française elle-même (?) et lui envoie des signes sensibles : fixer les lèvres d’Hervé Joncour, boire dans sa tasse de thé à l’endroit exact où il a bu, ôter sa robe orange pour se baigner alors qu’il n’est pas loin, lui offrir un rituel de bain délicieux avec des mains dont on peut penser qu’elles sont d’une femme agissant sur ses ordres, lui remettre un mot doux, lâcher les oiseaux de toutes les couleurs offerts par Hara Kei…Bref, de quoi rendre fou d’amour.

 

L’écriture d’Alessandro Baricco prend alors un tempo « largo » qui remplit d’aise. Les moments agréables passés au Japon, chargés de symboles, ont beaucoup d’ampleur.

 

Après Ovide, Alessandro Baricco nous rappelle, dans Soie, que l’amour est, avant tout, un art. Certaines traditions semblent y être plus attachées que d’autres.

L’occident « cerveau gauche, tout verbiage –même d’une « voix superbe »-  et tout internet» pourrait s’en inspirer.

 

 

Autre article sur le même sujet :

 

 

Conte, conte philosophique (1) : réunion du 1er mars 2012

Conte, conte philosophique (2) : réunion du 1er mars 2012

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires