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Thème : Jacques Chessex


 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 16:55

 

 

Trois vieilles dames indignes ? Indignes en tout cas aux yeux de leurs enfants et de leur entourage mais pas aux yeux du narrateur et du lecteur. Ni la lady (Toute passion abolie de Vita Sackville-West, 1931), ni la vieille Hagar (L'Ange de pierre de Margaret Laurence, 2007), ni Emily (Emily de Stewart O'Nan, 2012) ne sont les vieilles harpies capricieuses et égoïstes qu'elles paraissent au premier regard. Bien au contraire, ce sont trois femmes debout, qui n'ont pas envie de devenir les enfants de leurs enfants, de renoncer.

 

Elles sont à un âge ou « toute passion abolie », toute folie de la jeunesse derrière soi, toute contrainte sociale dépassée il redevient possible de se construire une liberté nouvelle. Le corps n'est plus ce qu'il était, tout est devenu plus lent et plus difficile physiquement pourtant des choix peuvent encore être faits. On peut dépasser le déchirement entre l'image donnée aux autres (la vieille, l'empoisonnante, celle qui s'accroche et qu'on doit « gérer » comme on le dit si affreusement de nos jours) et celle qu'on est au fond (la forte, la digne, la lucide, celle qui décide jusqu'au bout et qui ne regrette rien).


Les trois romans de notre programme interroge nos représentations de la vieillesse. Celles-ci comme l'exprime de manière érudite et passionnante Régine Detambel dans son essai Le Syndrome de Diogène, éloge des vieillesses (très important pluriel !), ne sont pas naturelles. Nos représentations sont culturelles, construites, fabriquées. Elles varient selon les lieux et les époques. On n'a pas toujours eu ce regard à la fois affligé, de compassion et d'agacement sur les vieux. C'est depuis Chateaubriand et son « la vieillesse est un naufrage », repris par De Gaulle, qu'on voit le troisième âge non plus comme un bel âge respectable mais comme une décrépitude pitoyable et effrayante car elle nous renvoie à notre propre finitude.

 

Libéré de toutes les foutaises de la vie, le vieillard est toujours un homme debout. C'est bien ce que disent les trois romans que nous avons lus et commentés, chacun à leur manière, avec humour, sans pathos, mettant en scène les lenteurs du rythme des gens âgés alternant avec la vivacité et la légèreté d'instants où la folie de la jeunesse n'est pas si loin que cela.


En tout cas on s'est rendu compte en discutant de la vieillesse qu'il s'agissait d'un sujet à la fois polémique et qui fait surgir beaucoup d'anecdotes personnelles : ça touche là où la littérature remue la subjectivité de chacun. Du coup on oublie un peu de parler du style, de l'écriture, de construction du récit, ...

 

 


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La vieillesse dans les romans : réunion du 13 décembre 2012 (2)

La vieillesse dans les romans : réunion du 13 décembre 2012 (3)

 




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Published by Nathalie Gerfaud-Valentin - dans Lire & Echanger a lu... et échangé...
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