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Thème : Jacques Chessex


 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 16:59

 

 

Toute passion abolie de Vita Sackville-West : un des textes dont nous avions retenu le titre sous le thème : la vieillesse.

 

La rencontre a été riche, nous avons laissé de côté l'aspect littéraire pour privilégier l'anecdote personnelle, celle qui résonne en chacun de nous, les réactions ont été multiples.


 

Je souhaite revenir sur ce texte écrit en 1931 qui nous plonge dans la société anglaise toute puissante sur la planète au début du 20ème siècle. Un titre qui aujourd'hui laisse planer l'équivoque sur le sens du mot passion : vive inclination vers ce que l'on aime avec violence, en aveugle, comme le précise le petit Larousse.


A la mort de son époux, Henry Holland, Lady Slane (88 ans) souhaite vivre seule: «  Je n'entends vivre avec aucun de vous. Pas avec vous, Herbert, ni avec vous Carrie, ni avec vous William, ni avec vous Charles. Je vais vivre seule. » A partir de là, une nouvelle vie s'organise pour la vieille dame et sa gouvernante Genoux  : elles entendent vivre en paix, avec le moins de visites possibles dans cette maison sous-louée, en pleine campagne. Et le roman se partage en trois parties qui vont permettre de remonter dans l'histoire de Lady Slane. Les enfants d'abord avec leur vie étriquée, leur fichu caractère, leur travers même que la mère n'apprécie que très peu. Quelques détails sur la vie coloniale où l'a conduite la carrière du mari.


Puis Lady Slane revient sur son amour de la peinture et son mariage avec Henry Holland : « Ils étaient vraiment sur les deux versants d'un même monde ».


Et enfin la dernière partie avec cet héritage extraordinaire qu'elle reçoit et refuse immédiatement au grand scandale des enfants choqués une fois de plus par le comportement de leur mère. Si la passion de Lady Slane pour l'art est « abolie » ou « annulée », elle n'en reste pas moins toujours vivante à l'évocation du choix de sa petite fille pour une voie artistique envers et contre tout ...


Ce roman paisible, évoque assez peu cette vieillesse qui nous tracasse. Les deux personnages font peu de cas de leur état : seule question : « laquelle partirait la première? » La mort de Lady Slane arrive très naturellement au milieu des enfants enfin soulagés que les tracasseries de leur mère cessent.


Il me semble que Vita Sackville-West en 1931 est davantage préoccupée dans ce roman par la nécessité de vivre dignement une passion et de n'y renoncer sous aucun prétexte : «  Après tout, elle était femme. Puisque l'artiste en elle était morte, lui était-il possible de s'accomplir d'une autre manière? » et comme à l'époque, la question déchaînait les publics, il valait sans doute mieux mettre en scène une femme de quatre-vingt huit ans pour calmer la critique et apaiser le public.

 


 

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